II-d.Les filles donnent au Hip Hop un champ chorégraphique riche.

Les danses Hip Hop sont l'avénement d'une nouvelle féminité et d'une nouvelle sensualité

      Avec les filles, le hip hop est riche d’expressions et de gestuelles très féminines, alors qu’il était réservé aux prouesses physiques des danseurs. L’intégration des filles dans la danse hiphop se constate dans les danses chorégraphiées (issues de cours, d’écoles, de classes, etc…) mais aussi dans les Battles.

 

      Le parcours de Sofia Boutella, qui est une référence pour la danse hiphop, illustre parfaitement l’appropriation de « l’espace » hip hop par les filles. Danseuse depuis son plus jeune âge, elle s’intéressera au hiphop, et notamment au break dance à l’âge de 16 ans, puis elle intégrera la troupe des ‘Vagabond Crew’ qui remportera le championnat du monde de Battle de hiphop en 2006. Sa détermination et sa volonté ont toujours été les ressources, les moyens, qui ont portées Sofia Boutella vers cette reconnaissance universelle.

 

      Elle collaborera Par la suite avec beaucoup d’artistes comme Madonna, Maria Carey, Rihanna…

      Ces dernières collaborations, résultat de son implication et de son travail fondamental, ont largement contribuées à la reconnaissance des filles dans le mouvement hip hop.Sa participation dans des campagnes publicitaires tels que sa dernière apparition dans le clip de promotion de la « Mazda 2 » et ses rôles cinématographique dans « sous le soleil » ou encore, « Les Cordier, juges et flics » témoignent de cette reconnaissance.

 

      Dans ses interview, Sofia boutella met en exergue sa passion de la danse, son besoins de danser, d’apprendre et de transmettre « la danse est un vecteur de vie et enseigne le respect du corps et de l’autre ».

 

      Comme dans d’autres domaines de l’environnement et du développement social, (droit de vote, reconnaissance de la « maman », IVG, statut social, équivalence de traitement homme/femme, etc…) les confrontations de générations et de cultures mettent souvent en évidence un « déficit » de reconnaissance et de « présence » des femmes.

       Dans ce contexte  en pleine évolution, les filles s’affirment, s’imposent par la qualité et la subtilité de leurs chorégraphies, par l’esthétique et les rythmiques et gestuelles très féminines enseignées et travaillés dans des cours.

       De  plus, les danseuses sont issues de milieux sociaux très différents, de cultures et de traditions très différentes aussi. De ce fait les confrontations et les enseignements vécues et reçues sont très riches.

       La culture hip hop déferle et envahie les cours de danse institutionnels en ouvrant un champ chorégraphique où les filles sont omniprésentes.

 

       Il me semble important  maintenant de décrire les deux styles référents de danses dérivées du mouvement hiphop, pratiqué avec un encadrement (cours, stages, master class…) qui mettent en avant l’impact de la féminisation dans cette danse. Danseurs et danseuses proposent leur complémentarité et leur complicité  dans la pratique de cette danse.

 

 La Dance hall

       La dance hall puise ses origines dans les danses afro-Jamaïcaine. Dans les répertoires très variés de ces danses, l’étude chorégraphique fait particulièrement appel à la sensualité des danseuses.

       Le groupe féminin «  les blazin » a parfaitement exploité ce terrain de prédilection pour l’expression corporelle des femmes qui ont alors « revisité » les chorégraphies originales en les magnifiant de leurs gestuelles exclusivement féminines.

       Les déhanchés omniprésents appelés ‘wine’, ainsi que les mouvements constants des corps subliment la sensualité féminine. Dans ces mouvements, les fesses et leur poitrine sont particulièrement sollicitées et mises en valeur.

       Les nombreuses représentations, sur tous les continents de ce groupe phare de la dance hall, montrent la réussite de l’implication de la femme dans ces danses.

Je vous propose, une vidéo du groupe des Blazin, que j'ai mentionné ci-dessus.

 

  

 

Le  Street-Jazz.

      Le street jazz est une danse qui est dérivée du new style (danse hiphop chorégraphique)

      Nathalie Lucas, danseuse chorégraphe émérite et engagée, a quant à elle, porté au sommet le steet jazz. Ici encore, ce sont les gestuelles fluides et sensuelles des corps féminins qui s’expriment avec force et présence. une vidéo est a votre disposition ci-dessous.

     La tête et les bras sont les parties du corps les plus sollicités pour des mouvements amples et « enveloppant » qui accompagnent sur d’autres rythmes les balancements du buste et des jambes.

 

       Pour compléter et rendre plus exclusif le répertoire rythmique et gestuel du street jazz, Nathalie Lucas intègre « l’effeuillage » vestimentaire. Cet accompagnement scénographique assoit encore plus la perception féminine de cette danse.

      Dans la féminisation de la danse hip hop, danseurs et danseuses ont trouvés au fil du temps, par leur détermination et leur persévérance, leurs statuts respectifs qui s’intègrent tant dans l’origine de ce mouvement que dans son universalité planétaire.Comme dans d’autre domaine, la féminisation n’a rien fait perdre aux origines de ces danses, elle a bien au contraire renforcé le pouvoir artistique, l’expression  de l’art qui doit toujours discuter, qui doit toujours contester et toujours protester.

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