II-c.La culture hip hop: une identité universelle culturelle.

       Nous allons maintenant évoquer l'évolution de la présence et de la représentativité de la culture hip hop. Depuis sa naissance, l'identité du mouvement hip hop se retrouve dans la confrontation et l'échange entre réferences, histoires, événements, Ce partage de cultures (culture de la rue, art de la rue et enseignement scolaire, professionnalisation des danseurs) est souvent illustré par des  danseuses,  chanteurs et chanteuses ou groupes de danseuses avec des textes souvent engagés sur les conditions de vie (les textes et poèmes de Kenny Arkana, Casey, NTM, sages poètes de la rue, Oxmo puccino, grand corps malade, etc….)

 

      Ici, nous avons une chanteuse de rap, Keny Arkana dont les paroles, les textes, la musique, les rythmiques sont en parfaite adéquation avec le mouvement hip hop. Dans la discipline du chant et de la musique, les femmes sont aussi leaders et présentes.

 

"Oh liberté, ma chère amie, ta présence est abstraite
Vu que c'est dans ma tête que j'ai appris à te connaître"

(Paroles entières : http://www.paroles-musique.com/paroles-Keny_Arkana-Entre_Les_Lignes_Clouee_Au_Sol-lyrics,p22928)

      Depuis les années 90, la danse hip hop a réellement pris une dimension chorégraphique, une identité artistique qui intègre toutes les richesses des expressions venues de la rue, de ses origines. Les évolutions des meilleures danseuses et danseurs font aujourd’hui la une des scènes nationales comme  Kadia Faraux, danseuse interprète hip hop depuis 15 ans, qui s’affirme aujourd’hui en tant que chorégraphe. Elle ne s'est pas situé sur la performance physique mais a intégrée une dimension artistique dans ses oeuvres. De plus, elle  n’a cessé de défendre la place des femmes dans la danse hip hop dans différentes troupes composées exclusivement de danseuses : Danse‘N’Effeckt , 10Coredence. Dans ces compagnies l’enjeu est de « …transmettre la danse hip hop dans le respect, la solidarité, la rigueur, la conscience et la défense de la féminité… »

      Selon Kadia Faraux « … la danse hip hop s’exprime dans le défi et dans l’extériorisation du geste. Mais la juste interprétation d’une danse passe également par son intériorisation par la reconnaissance de son caractère poétique, sensible. Imposer et affirmer sa féminité demande beaucoup de détermination. Quand danseurs et danseuses hip hop se rencontrent, la notion de défi est transcendée par celle d’alchimie, de poésie, mon travail chorégraphique tend vers une mise en évidence de la part féminine de la danse dans son interopération masculine et féminine… »

      Nous pouvons aussi constater que de nombreux événements sont régulièrement et continuellement organisés pour faire partager l’influence et la présence des femmes dans le mouvement, la danse hip hop. Par exemple, le festival Vous les femmes, c’est trois jours de hip hop au féminin. 

      D’évidence, depuis les années 90, la culture hip hop s’est réellement organisée, culture jeune, issue d’un mouvement urbain, elle a aujourd’hui acquis sa propre identité, une réelle indépendance garante de sa consistance et de la maîtrise de son développement ainsi que de sa dimension culturelle. Les danses de compétition existent toujours mais les représentations de danses de créations sont l’expression phare du mouvement.

       De plus, nous pouvons constater que la pratique de la danse hiphop dans des salles de danse permet aux filles et aux femmes  l’expression totale de leur corps ce qui n’était pas possible pour des raisons culturelles et de sécurité dans la rue. L’entrainement en salle permet aussi d’intégrer par un difficile apprentissage des figures de break dance longtemps réservé aux garçons.

       Surtout, la création chorégraphique en salle est complétée par les acquis  et les atouts souvent importants qui viennent d’autre disciplines pratiquées au plus jeune âge : gymnastique, gym rythmique, danse classique, danse moderne, danse jazz, etc…)et issue de cultures variées.

 

       La compagnie Black Blanc Beur de Christine Coudin est l’exemple parfait de cette mixité de composition. Christine Coudin intègre dans sa production une écriture, une composition teintée de danse contemporaine, africaine, orientale...Véritable création, la danse d’auteur qu’elle propose se caractérise par des la mise en scène de référence culturelle multiples. L’esprit de la breakdance qu’elle développe s’appuie sur les rapports mixtes hommes/femmes.

Je vous propose une video de la dernière création de cette compagnie "Chronique du périmètre" qui propose ici du Hip Hop artistique, ce qui a permis aux femmes d'obtenir le titre d'interprète: (Ne pouvant choisir un extrait de la vidéo je vous propose de visionner a minima les 4 première minutes).

 

       De plus cette compagnie joue un rôle important par son engagement créatif dans la reconnaissance par le grand public et l’appropriation par toute une génération de ce mouvement.

      Nous venons de voir quels fondamentaux ont participés, et participent toujours fortement à la féminisation du hip hop dans son identité et ses figures. 

      C’est une nouvelle donne pour le hip hop de demain où les filles et les femmes s’affirment et s’affirmeront désormais comme une réelle entité de ce mouvement.

      Rappelons que la  population masculine des danseurs a toujours jouée avec la performance physique entre « mecs », les moments de danse sont des confrontations pour se mesurer, s’évaluer, se défier, dans un cadre respectueux, mais très codé masculin. Les créations, les échanges de figures, de rythmes, de mélodie, de rapidité, où la performance reste une finalité très importante.

      L’évolution du hip hop avec l’intégration des filles n’a cependant pas  changé cette donne fondamentale : les figures au sol du break dance restent le savoir faire (physique) et les stéréotypes et le réel « savoir faire » des danseurs tandis que les filles et les femmes dansent et restent « debout » en réalisant d’incroyables chorégraphies. 

En exemple je propose de visionner deux videos qui illustrent les deux pratiques, les deux axes de représentation. Tout d'abord, le freestyle de rue réalisé par un homme, l'appellation de ce danseur dans le vocabulaire dédié du mouvement etant "bboy". Il se prénome Hamid et fait parti de la compagnie"Influences" de Perpignan.   

 

 

D'autre part, vous pourrez apprécier une danse chorégraphiée d'une manière plus instutitionelle, réalisée par une adolescente, OliviaGonzales, surnommée "Chachi".

 

      Toutefois, la reconnaissance des filles dans la pratique de la danse hip hop a été laborieuse, la féminisation de cette danse peut être comprise comme une opposition à son origine masculine.

      On peut constater sur la scène, que de nombreuses troupes de danse ne sont  pas vraiment mixtes, il y a peu de danseuses par rapport au nombre de danseur, et elles ont rarement les premiers rôles.

      L’exemple de l’œuvre chorégraphique ‘Symfonia piesni Zalosnych’, une création de 2010, de l’interprète/chorégraphe Kader Attou en est une parfaite illustration. Cette œuvre  met en relation la danse contemporaine et la danse hiphop, cependant, seuls les danseurs traitent le hiphop dans le corps dansant, tandis que les femmes elles, exploitent seulement le contemporain.

 

L'intégration des femmes dans le mouvement hip hop, qui s'est particulièrement traduit  par la féminisation des danses, a largement contribuée la reconnaissance de cette nouvelle culture. A travers les modes de représentation institutioonels, l'art de la rue est entré dans une nouvelle ère et trouve avec cette dimension son identité et une universalité planétaire. Tout ce que les femmes ont apporté à notre société depuis les années 70 par leur implication  et leur revendication se retrouve dans ce mouvement. La féminisation de la danse hip hop a de même ouvert une nouvelle lecture et compréhension de cette discipline jeune, elle a permis l'avénement de grandes compagnies, de grandes danseuses en servant les chorégraphies originales plus masculine et l'histoire du mouvement. 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site