I- a. Les débuts: Isadora Duncan


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      Avant Isadora Duncan et sa libération du corps, la nudité était considérée comme une surprise, un bouleversement. Cela créait une réelle opposition avec le sublime de l’art, et vulnérabilisait ainsi le spectateur, en le mettant dans une situation de « voyeur impudique ». Dans la nudité, le corps féminin se dérobe de sa vision et fonction première : faire du beau, interpréter ; afin justement d’échapper à celle-ci, de se dévoiler soi-même ainsi que ses idées, et de faire évènement.

      En considérant que, pour une femme, se montrer ou danser pieds nus à cette époque constituait un acte libertin, nous pouvons comprendre que la façon dont Isadora Duncan était vêtue quand elle faisait des apparitions, c'est-à-dire pied nus, cheveux détachés, sans corset, pouvait toucher et choquer le spectateur.

      Isadora Duncan était une danseuse et chorégraphe américaine, née en 1877 et morte en 1927, venue en Europe pour se faire connaître. Elle créa plusieurs écoles, qu’elle n’appelait pas école de danse mais école de vie, où résidaient les « Isadorables », les protégées d’Isadora Duncan. Elle faisait de sa danse une danse libre, sans contrainte vestimentaire ni d’expression, et le vrai moteur de sa danse était la volonté d’amélioration de l’humanité. Le moi intérieur, la vie même, jaillissait du réceptacle par vague d’énergie, se répandant dans l’espace. Son maitre mot était la liberté de pensée et d'agir, ce qui se voyait dans sa danse, mais aussi dans sa vie privée. 

      Par cette danse quelque peu libertine pour l’époque, Isadora lança la révolution féminine dans la danse, donnant un exemple d’affirmation et de liberté d’expression tout d’abord car elle n’était pas dirigée ni dans sa danse, ni dans sa vie privée, et de liberté physique d’autre part, en se libérant des contraintes du ballet classique tel le corset, le chignon, mais surtout les pointes, qu’elle disait être un instrument contraire à la nature de l’Homme.

      C’est donc ainsi que débute l’émancipation des danseuses: la recherche des « non-conventions », et le rejet de celles-ci, afin d'attirer l’œil du spectateur, se faire remarquer en tant que femme pensante, et non plus comme une simple interprète, une marionnette. Comme dit précédemment, la nudité, à cette époque, était une surprise intense pour le spectateur, qui n’était évidemment pas habitué à ce genre de vision. C’est donc par cette méthode que les danseuses vont attirer l’attention du public : en se dénudant, ou, autrement dit, en se libérant corporellement des conventions.

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