I- b. La démonstration des conventions: Pina Bausch. (exemple 2)

 

      Dans la remise en question des codes classiques, nous pouvons citer le solo de Dominique Mercy, dans Nelken (œillets) de Pina Bausch, en 1982. Il enchaîne dans l’extrait des figures classiques telles que des grands jetés, des déboulés, etc… tout en parlant. Il montre au public ce que celui-ci veut voir en disant, par exemple : « vous voulez un grand jeté ? -il exécute- et voilà ! » . Tout au long de l’extrait ci-dessous, et au fur et à mesure des démonstrations, le public applaudit de moins en moins, et rit de plus en plus, se rendant compte de la stupidité de la situation. Pina Bausch par cette idée montre qu’il n’est pas intéressant d’effectuer des pas de danse d’une grande virtuosité s’ils ne traduisent pas d’expressions, de sentiments ou d’intentions comme cela pourrait être le cas avec d’autres pas plus contemporains. Elle détache ainsi le spectateur du classique, en lui faisant comprendre que ce n’est qu’une mécanique. Elle brise les codes publiquement, sans pudeur, et cela fait rire. Pina remet aussi en question les attentes du spectateur : Doit-il venir voir un spectacle qu'il a l'habitude de voir ? Le spectacle ne doit-il pas être une remise en cause ?

 

      Dans le même extrait, nous pouvons aussi nous attarder sur le fait que Dominique Mercy est en robe. Pina inverse les rôles : nous avons dit dans l’introduction que avant cela, les femmes n’étaient que des interprètes dans un ballet. Pina tourne en dérision cette convention en mettant un homme à leur place tout d’abord, et dans un second temps, en faisant porter à son danseur une robe.

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