II-a. Le hip hop:De la rue à la salle, une évolution, "un déplacement" favorisant la féminisation.

Jeune homme exercices sportifs. Contraste noir et blanc. Banque d'images - 10117236       Tout d'abord, il me semble important de rappeler brièvement les origines du hip-hop. Le hip-hop est à l'origine un large mouvement culturel et artistique. C'est aux États-Unis, dans la ville emblématique et cosmopolite de New York  qu'il est né, dans l'un de ses quartiers les plus sensibles : le South Bronx, dans les années 1970. Depuis son apparation, le hip hop a toujours intégré des aspects festifs et revendicatifs.

      Originaire des ces ghettos noirs de New York, il se répandra rapidement dans l'ensemble du pays puis dans le monde entier au point de devenir une culture urbaine universelle.

       La danse hip-hop issue de ce milieu sensible se manifeste avec l’apparition du break dance, une danse au sol  caractérisée par son aspect acrobatique et ses figures, et qui s'inspire en partie des funks styles (Locking, Popping et Boogaloo). La particularité de cette danse est d’être à l’origine une danse exclusivement pratiquée par les hommes.

       Apanage des danseurs, de nouveaux styles sont apparus comme la house dance, le new style, qui donnera naissance au street jazz, une danse pratiquées plus par les filles.

       Nous allons maintenant voir comment s'est opéré cette évolution de la rue à la salle, ce "déplacement" qui a favorisée la féminisation de cette danse. Depuis le début des années 80, le hip hop s’apprend, soit par une pratique libre, entre danseurs de rue, dans la rue, dans les espaces publics, soit de manière institutionnelle, c'est-à-dire dans des écoles, en suivant des cours. C’est un mélange de danse et de pratiques de rue et de gestuelles proches s’assimilant à de la danse contemporaine.

       La danse hip hop s’apprend et se transmet dans la rue, entre danseurs libres. La rue est le lieu privilégié de la gente masculine. En effet les conditions climatiques peuvent être rudes (la pluie, le vent, le froid) la qualité des sols contraignante (dureté, propreté) les jugements portés sur ce mouvement d’ensemble urbain incisifs (regards, intimidation). Cependant, cette danse se complète par des cours, elle peut se perfectionner par des stages ou dans des cours réguliers avec des professeurs titulaires ou des danseurs professionnels. C’est une réelle ouverture vers une pratique plus féminine car dans cet environnement supprime toutes « les contraintes de la rue ».

       Aujourd’hui, en France, le hip hop est aussi présent dans les salles de spectacles et les théâtres, que dans la rue, dans les espaces publics.

       Cela propose au public deux types de représentations: d'une part, une plus institutionnelle, plus chorégraphiée qui est plus une danse de création, et d'autre part une danse plus radicale qui s’exprime dans les battles qui est plus une danse de compétition.

       Cependant, nous pouvons constater que dans les deux représentations, aujourd'hui les filles sont présentes. Elles sont issues d’origines sociales différentes: elles peuvent être issues de milieux plutôt pauvres et résider dans des ensembles urbains denses, mais peuvent aussi de venir d’autres milieux par conviction, par opposition, par envie.

       Dans les faits, le hip hop a longtemps été reconnu comme une danse de garçons issue de banlieues, de zones urbaines denses et sensibles. Il est clair que la féminisation du hip hop s'est particulièrement développée grâce à l'augmentation des cours et des œuvres chorégraphiques.

       En aucun cas, l’intégration des femmes dans le hip hop ne s’est traduite par un quelconque impact ou revendication féministe, ce qui aurait été certainement rédhibitoire pour leur « acceptation » dans le mouvement. D’aucune manière les femmes ont voulues s’approprier  cette danse, mais juste participer, de s’intégrer d’être présente dans le mouvement, dans l’histoire, d’apporter leurs idées et leur présence.

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